
Rappelez-vous votre premier baiser, votre première descente à ski, votre première plongée en solo ou votre première prise de parole en public : à n’en pas douter, votre attention s’est soudain trouvée décuplée par la situation.
Ce qui vaut pour un événement exceptionnel vaut-il aussi dans un cadre plus classique tel que celui d’une formation ?
La réponse à cette question est loin d’être évidente. Ne serait-ce que parce que les mécanismes qui provoquent l’attention ne font pas l’unanimité :
Votre propre état émotionnel au moment d’entamer une formation va ainsi avoir une incidence sur l’attention que vous allez y consacrer ; vous serez par exemple moins disponible si vous ne cessez de penser au projet que vous avez à terminer pour le lendemain.
Mais les activités que vous allez réaliser durant la formation, qu’elle soit présentielle ou distancielle, vont elles aussi influer sur votre attention.
En fait, ce que les chercheurs ont compris, c’est que notre système attentionnel qui peut être orienté par de nombreux stimuli ne les traite pas tous de la même façon. Il aurait tendance à s’intéresser en priorité aux stimuli chargés émotionnellement, qu’il s’agisse d’une vision agréable ou d’une menace.
En outre, il les traiterait aussi de façon plus approfondie afin par exemple de confirmer leur « valence » (ie s’ils sont positifs ou négatifs).
Ce qui est singulier avec les émotions, c’est qu’elles en demandent tellement à notre système attentionnel qu’elles l’empêchent parfois de se focaliser sur d’autres stimuli. Les scientifiques disent que les émotions favorisent le « désengagement » de l’attention. En formation, une émotion trop forte risque donc d'inhiber l’apprentissage.
Une fois l’émotion identifiée, le cerveau la rapprocherait des émotions similaires déjà mémorisées et enclencherait la réponse adéquate. Ainsi, face à un stress violent et soudain, vous adopterez systématiquement l’une des trois attitudes suivantes : la fuite, la sidération ou l’attaque ; vous ne pourrez pas en changer au gré de vos envies.
Si les émotions sont donc des signaux qui alertent notre cerveau en monopolisant son attention, celui-ci ne réagit pas de la même façon lorsqu’elles sont positives ou négatives. Il semblerait bien que, dans la plupart des cas, une émotion négative dégrade les performances cognitives et donc l’apprentissage. À l’inverse, une émotion positive pourrait nous aider à traiter des informations plus riches avec plus de facilité. Elle aurait aussi des effets indirects sur l’apprentissage, par exemple en suscitant notre curiosité.
Si vous vous souvenez de vos premières fois, ce n’est pas simplement parce que l’émotion a canalisé votre attention, c’est aussi parce qu’elle a inscrit profondément en vous ce que vous avez vécu. Dans notre prochain article, nous examinerons donc l’impact des émotions sur la mémorisation (to be continued…).
Téléchargez notre livre blanc sur l’engagement en formation